Alors que notre relation progressait, j’avais osé exprimer à Monsieur mon profond désir de passer une nuit avec
lui. Bien sûr pas dans son lit, mais plutôt à ses pieds, prisonnière et à sa disposition et pourquoi pas entravée de façon inconfortable voire à la limite du supportable. J’espérais qu’un jour il
juge opportun de réaliser ce rêve.
Un samedi, l’histoire débuta par la salle rouge. Monsieur avait fabriqué une « balançoire » et voulait
m’utiliser comme cobaye pour la tester. Je me suis donc retrouvée suspendue d’une façon bien confortable. La balançoire laissait tout loisir de me caresser et d’atteindre les endroits
sensibles.
Il a posé des pinces sur les lèvres de mon sexe, bien vite agrémentées de poids. Il m’a aussi fait porter une
espèce de soutien-gorge en cuir, plat et muni de pointes acérées dirigées bien sûr à l’intérieur. Il le serra assez fort, de sorte que sans bouger beaucoup, ça reste très supportable.

Mais ça aurait été bien mal le connaitre de croire qu’il en resterait là. Il jugea bon de me titiller avec son
fouet, meurtrissant à la fois mes fesses directement et mes seins indirectement. Vous aurait compris qu’à chaque sursaut, les pointes s’enfonçaient dans ma poitrine.
Cette association du fouet, des pinces et du soutien-gorge, tout cela en flottant dans les airs, était tout à
fait propice à me déconnecter de la réalité. Il m’avait à nouveau emmenée dans cet état où l’excitation est intense et la sensibilité exacerbée.
Mais Monsieur ne comptait pas en rester là.
Il me détacha, me libéra et m’emmena dans la salle blanche. Il disait qu’il voulait vérifier que sa soumise
était en bon état et au besoin, lui prodiguer les soins appropriés. Son ton ironique ne laissait pas de doute sur sa réelle intention : me tourmenter sur la table gynéco. Pour cela, il me
priva au maximum de mes mouvements et de mes sens. Le but était à la fois de me plonger dans le questionnement de celui qui ne sait pas et ne peut rien prévoir, et de me permettre de m’abandonner
complètement à son traitement.
J’avais non seulement les poignets et les chevilles fixés à la table et les yeux bandés, mais aussi les oreilles
bouchées à l’aide de boules quiès et d’un casque anti-bruit. Monsieur avait remarqué que je commençais à connaitre les lieux et à deviner au bruit ce qu’il s’apprêtait à me faire. L’isolation
sonore est pour moi encore bien plus troublante que l’aveuglement, parce que d’habitude je ferme volontiers les yeux pour me repérer à sa voix et aux bruits. Il ne manquait plus qu’un bâillon
pour m’ôter aussi tout mode d’expression. Il choisit le bâillon gonflable, des plus efficaces contre les plaintes, les cris, les grognements et les gémissements car il ne laisse aucun espace dans
la bouche et comprime la langue. Il sait jusqu’où le gonfler pour qu’il soit très présent sans m’étouffer.
Dans mon isolement total, je m’attendais à ressentir une douleur vive, électrique, piquante ou même, qui sait,
inédite et indéfinissable. Malgré la confiance, j’étais envahie d’un sentiment de panique irraisonnée. J’ai bien reçu une décharge électrique, mais cette fois totalement indolore, lorsque ses
mains se sont posées sur moi.
Il me caressait, semblait vérifier l’état de chaque partie de mon corps. Il me fouillait le sexe ou le bord de
l’anus. Le genre de traitement qui me ferait me tortiller si je n’étais pas bien entravée sur la table. Cette contrainte des réactions naturelles de mon corps me met en soi dans un stade
d’excitation avancé.
Une crainte purement irrationnelle subsistait en moi. A chaque fois qu’il s’éloignait, j’étais persuadée qu’il
reviendrait avec des aiguilles pour me transpercer les tétons ou les lèvres du sexe, et j’entrais dans une panique purement irrationnelle. Monsieur m’avait assuré qu’il ne le ferait jamais par
surprise, je sais qu’il tient parole et je ne comprends toujours pas pourquoi j’étais paniquée.
Pendant longtemps, il utilisa toutes sortes de choses vibrantes sur mon sexe, certaines destinées au clitoris,
d’autres à pénétrer.
J’ai aussi été surprise par quelques décharges électriques. Monsieur m’a donné plusieurs orgasmes incontrôlés.
J’étais sans retenue, je m’abandonnais complètement, un peu comme si, je dois l’avouer, plus personne n’était là, que mon sexe et mon plaisir. Il m’a dit plus tard qu’il aimait me voir
ainsi.
L'après-midi touchait à sa fin, l’heure à laquelle je dois le quitter d’habitude approchait. Mais ce jour-là,
Monsieur m’a dit : « On a encore des choses à faire, tu ne rentres pas tout de suite ». Bien trop contente pour risquer de tout gâcher, je me suis abstenue de poser les questions
qui me démangeaient. Il m’a envoyée prendre une douche et passer une robe qu’il avait préparée dans la salle bain. La robe que j’ai trouvée était en latex rouge. Quelques minutes plus tard, je me
présentais à lui ainsi vêtue.
Miss était arrivée et le repas etait pret . Il m’a installée à genoux à ses pieds, puis m’a donné le droit de
m’asseoir sur le sol pour manger.
Ils ont passé un bon moment à discuter. Parfois, Monsieur s’adressait à moi mais j’étais bien trop impressionnée
pour faire plus que balbutier quelques mots. Ma présence semblait presque naturelle pour eux, mais moi, je n’osais ni bouger ni parler. Je tortillais mes doigts dans un tic nerveux incontrôlable,
je ne savais pas où regarder, c’est à peine si j’osais respirer.
Pendant la soirée, il m'a juste demandé de mettre la table, de la débarrasser, de faire la vaisselle et de lui
apporter telle ou telle chose. Des tâches banales, mais qu’une soumise ne peut refuser et accomplit avec plaisir pour son Maître.
Je ne savais pas encore ce qu’il adviendrait de moi pour la nuit, et je me suis bien gardée de le demander.
Vers une heure du matin, Monsieur annonça qu’il allait dormir et me passa une laisse pour m’emmener dans la
chambre du haut. Il y avait préparé de quoi me faire passer une nuit mémorable. Il m’enfila des moufles en cuir, et les serra avec des menottes refermées par-dessus.
Il cadenassa ma laisse à un anneau fixé sur le lit.
Il me bâillonna avec un mors et m’aveugla avec un bandeau.

Il m’attacha les chevilles ensemble et me relia les poignets dans le dos.
Il m’offrit son aide pour m’allonger sur le sol ainsi équipée. Je l’entendis se coucher dans le lit, j’étais aux
anges, je savourais pleinement la réalisation de mon fantasme.
« Bonne nuit Menteuse ! »
Par rapport aux nuits que j’ai passées prisonnières pendant le stage, c’était totalement différent d’être au
pied de son lit, il fallait que je reste stoïque et silencieuse quoi qu’il arrive, que je réprime toute marque d’énervement, tout gémissement lorsque les contraintes deviendraient
insupportable.
J’étais fatiguée, mais je ne parvins à dormir que de courts moments. Je perdais la notion du temps. Et
l’inévitable arriva : une envie irrésistible de me libérer, particulièrement mes bras qui s’engourdissaient et ma mâchoire car je n’en pouvais plus de baver. Heureusement, c’était
impossible, j’étais vraiment prisonnière, sinon j’aurais regretté de m’être échappée. L’unique moyen de peut-être m’en sortir était de réveiller Monsieur pour le supplier, mais ça restait
hypothétique et surtout trop dur pour ma fierté…
Après m’être énervée sur mes entraves et avoir abandonné la lutte, j’ai atteint cet état second où je ne ressens
plus rien que de l’impuissance. Le temps s’écoulait sans que je ne subisse l’attente. Pendant plusieurs heures, j’étais éveillée, sans ennui, sans fatigue, sans énervement, juste bien.
L’apothéose eut lieu le matin lorsque Monsieur m’a dit « Bonjour Menteuse ! ». Je ne pouvais répondre que par un signe de tête. « As-tu bien dormi ? » Question
habituellement anodine mais perverse à souhait dans de telles circonstances. Je lui fis comprendre que oui. J’avais envie de lui dire que c’était la meilleure nuit de ma vie.
En prenant bien son temps, en me parlant et en me traitant avec la plus grande douceur, il m’a débarrassée de
ses instruments de contrainte un à un. Il me faisait sortir à sa manière de ma léthargie. La sensation de soulagement après autant d’heure était extrêmement agréable. Monsieur en profita pour me
donner du plaisir une fois de plus. Il m’a emmenée très loin, comme la veille, et je me suis à nouveau abandonnée avec délice.
Nous sommes descendus pour un petit déjeuner/discussion dans le salon. J’étais assise sur le sol, le sourire
jusqu’aux oreilles, avec l’envie que ce moment dure pour l’éternité.
Je préparais les mots pour lui écrire à quel point la nuit qu’il m’a offerte était un cadeau merveilleux.
J’étais encore incapable de le faire oralement.
Avant de me renvoyer, il me dit : « si tu le désires, ce sera dorénavant ainsi tous les samedis
soirs ». Aucun doute que je le désirais, plus que cela, je n’osais pas l’espérer. Une nouvelle étape était franchie dans notre relation. Il avait décidé pour mon plus grand bonheur que le
moment était venu…